• Cloé

Le 9ème Forum Mondial de l'Eau à Dakar

Dernière mise à jour : 21 juil.

La 9ème édition du Forum Mondial de l’Eau (FME) s’est déroulée à Dakar du 21 au 25 mars sous le thème de la sécurité de l’eau pour la paix et le développement. Organisé tous les trois ans dans des villes à l’international depuis 1997, c’est la première fois que le Forum se tenait en Afrique Subsaharienne. Quelques jours avant l’ouverture de l’évènement, des dizaines de jeunes avaient bloqué avec des pneus brûlés la route nationale des Niayes à 50 kilomètres de la capitale. Ils réclamaient le droit d’accéder à l’eau du forage installé dans leur localité, uniquement destiné à alimenter Dakar alors que chez eux les robinets sont à sec.


Plusieurs milliers d’acteurs publics et privés du secteur de l’eau et de l’assainissement du monde entier se sont retrouvés dans la capitale du Sénégal, dont des chefs d’Etats et des ministres, avec la volonté de répondre aux défis mondiaux de la gestion des ressources en eau. Sujet capital pour la région hôte qui depuis les années 1970 s’alarme des périodes de sécheresse intense et des conséquences directes sur la sécurité alimentaire des populations concernées ainsi que des conflits que cela engendre. Selon l’OCDE, 40% de la population en Afrique subsaharienne n’a pas accès à des services élémentaires d’approvisionnement en eau et 70% à un assainissement de base. Le président sénégalais Macky Sall a rappelé l’urgence dans son discours d’ouverture ainsi que le besoin d’une coopération renforcée, en citant un rapport de l’ONU selon lequel deux personnes sur cinq dans le monde vivent dans des régions où l’eau est rare.


La participation et l’autonomisation des jeunes étaient au cœur des priorités du Secrétariat exécutif. L’Association des Jeunes professionnels de l’Eau et de l’Assainissement Sénégal (AJPEAS) et le Parlement Mondial de la Jeunesse pour l’Eau (PMJE) ont contribué au développement de l'Espace Jeunesse du Forum, un lieu de convergences d’idées et de solutions entre les générations, les secteurs et les pays. Cet espace au cœur du Forum était dédié aux jeunes du monde entier, leur offrant la possibilité d’échanger et de coopérer pour porter les transformations nécessaires à un avenir durable et équitable. Une série d’évènements a été animée par divers groupes et associations de jeunes sur des thématiques telles que l’avenir de la recherche sur l’eau, la parole de la jeunesse africaine sur l’adaptation, la participation des femmes dans les processus diplomatiques de l’eau ou encore sur les politiques intergénérationnelles pour le secteur de l’eau au Sénégal.


D’ailleurs, la conception physique de l’Espace Jeunesse avait été confiée à l’école d’architecture de Dakar, permettant aux trois étudiantes gagnantes du concours Youth Space development de concrétiser leur concept qui répondait aux critères de durabilité, d’innovation, de pérennité et d’attractivité, tout en s'inspirant de la fluidité et de la culture sénégalaise.


“ La création de l'espace jeunesse, ouvert à tous les jeunes, est un pas monumental dans la bonne direction pour l'inclusion des jeunes. Cet espace permet une représentation créative des sujets liés à l'eau qui comptent pour les jeunes. Cet espace renforce et unifie la voix des jeunes dans le domaine de l'eau en nous donnant un espace pour agir ensemble, tout en illustrant la diversité au sein de notre mouvement en permettant à de nombreuses voix diverses d'être représentées tout au long du Forum. Je suis très enthousiaste à l'idée d'y participer et de voir la diversité des idées, des personnes et des passions au sein du mouvement des jeunes pour l'eau."


- Carolina Tornesi MacKinnon, présidente du Parlement mondial des jeunes pour l'eau et membre du comité directeur des jeunes du 9ème Forum mondial de l'eau.


Source image : https://youthforwater.org/app/uploads/2022/03/Youth-Space-Program.pdf


La Déclaration de Dakar a été signée à l’issue d’une semaine de concertations avec pour objectif de lancer un appel à la communauté internationale à “garantir le droit à l'eau et à l'assainissement pour tous”. Ce “blue deal” préconise notamment le besoin de “mobilisation des ressources financières” et une “gouvernance” de l'eau qui inclut les secteurs agricole, industriel, de la santé, de la biodiversité ou encore de l'énergie. Le ministre sénégalais de l'Eau, Serigne Mbaye Thiam, a annoncé lors de la clôture du Forum la création d'un panel international de haut niveau sur les investissements dans l'eau en Afrique qui aura pour but de de développer des voies concrètes pour mobiliser 30 milliards de dollars par an jusqu'en 2030 pour remédier au déficit d’investissements en Afrique.


Bien que ce forum ne soit ni un sommet ni une conférence internationale, il était l’occasion pour la société civile de présenter aux acteurs étatiques et privés les enjeux qu’elle aimerait portés à l’agenda, au vue de la deuxième grande conférence des Nations Unies sur l’eau qui se tiendra en mars 2023. Comme à chaque édition, un Forum alternatif mondial de l’eau (FAME) a été organisé en parallèle par la société civile, pour donner la parole à ceux qui n’avaient pas moyen de payer les droits d’entrée onéreux.



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