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Trafic illégal d'espèces : une génération déjà à l'œuvre

  • Writer: ambassadeurs environnement
    ambassadeurs environnement
  • Jul 9
  • 3 min read

Updated: Jul 11

Le 9 juillet 2026, le ZooParc de Beauval a accueilli le colloque « Trafic d'espèces : bilan & perspectives », organisé par l'Association Française des Parcs Zoologiques (AFdPZ) et le Comité français de l'UICN, avec ses organisations membres et expertes. Trois ans après la publication, en 2022, des 25 recommandations de référence relatives au trafic des espèces sauvages et à la criminalité organisée, cette rencontre a dressé un état des lieux lucide et ouvert une réflexion collective sur les perspectives d'action.

Les Jeunes Ambassadeurs pour l'Environnement (JAE) y étaient représentés par leur présidente, Astrid Vital Durand, intervenue au titre du Groupe de travail Jeunesse du Comité français de l'UICN, aux côtés de Dylan Le Meur (AFdPZ), pour la séquence consacrée aux contributions de jeunes professionnels émergents.


Un constat sans appel


Le trafic d'espèces sauvages est aujourd'hui la quatrième activité criminelle mondiale, avec un poids financier pouvant atteindre 190 milliards de dollars par an. Au-delà de l'atteinte majeure portée à la biodiversité, ce trafic alimente la corruption, fragilise la sécurité globale et constitue un risque sanitaire croissant, notamment en matière de zoonoses. C'est bien une menace systémique — environnementale, sécuritaire et sanitaire — que le colloque a placée au centre des débats.


Trois ans après : de réelles avancées


Depuis les recommandations de 2022, des progrès concrets méritent d'être salués :

  • la création du Commandement pour l'environnement et la santé (CESAN) au sein de la Gendarmerie Nationale ;

  • l'institutionnalisation des Comités Opérationnels de Lutte contre la Délinquance Environnementale (COLDEN), pour mieux coordonner les réponses entre la justice et les services de contrôle ;

  • la mise en place d'un groupe de travail interministériel sur la viande de brousse ;

  • l'ouverture de stations d'accueil pour les animaux saisis vivants, à Orly, à La Réunion et à Lyon ;

  • sur le plan juridique et numérique, la circulaire du Garde des Sceaux sur la bande organisée et la loi SREN, qui encadre davantage les plateformes en ligne ;

  • enfin, des campagnes de sensibilisation menées avec plusieurs partenaires, dont le WWF et TRAFFIC, qui ont permis de toucher un large public.


De nombreuses perspectives


Le bilan reste incomplet. La France n'a pas respecté l'échéance du 21 mai 2026 pour la transposition de la directive européenne 2024/1203 relative à la protection de l'environnement par le droit pénal — alors même que ce texte renforce sensiblement les sanctions contre la criminalité environnementale.

Surtout, les moyens humains, techniques et budgétaires des services de contrôle demeurent insuffisants au regard de l'ampleur des trafics et de leur adaptation rapide. Les trafiquants innovent, se digitalisent et exploitent chaque faille logistique ou réglementaire, via des plateformes numériques et des circuits de plus en plus fragmentés.


Les perspectives ouvertes par les générations futures


C'est dans ce cadre qu'Astrid Vital Durand et Dylan Le Meur sont intervenus, pour porter le regard de la nouvelle génération sur ce combat.

Le message des JAE est clair : la jeunesse n'est pas seulement concernée par l'avenir de la biodiversité, elle en est déjà actrice. Sensibilisation du grand public, expertise de terrain, plaidoyer institutionnel : les jeunes professionnels et bénévoles occupent d'ores et déjà une place concrète dans la chaîne des réponses au trafic d'espèces. La transposition de la directive 2024/1203, désormais en retard, sera l'un des grands chantiers des prochains mois — un chantier dont les générations futures seront à la fois les héritières et les vigies.


Un changement d'échelle nécessaire


Ce colloque a confirmé une conviction forte : la lutte contre le trafic d'espèces ne progressera durablement qu'à travers une stratégie cohérente, pluriannuelle et dotée de moyens à la hauteur des enjeux. C'est à cette condition que les avancées engagées pourront être consolidées et que de nouvelles étapes pourront être franchies. Pour les JAE, prendre la parole aux côtés des institutions, des forces de l'ordre, des scientifiques et des structures d'accueil, c'est affirmer que la relève est déjà à l'œuvre — et entend contribuer, aux côtés de ses aînés, à faire de ce combat une priorité durable de l'action publique.

Un grand merci à l'AFdPZ pour cette organisation conjointe et au ZooParc de Beauval pour son accueil, ainsi qu'au Comité français de l'UICN de faire toute leur place aux voix de la jeunesse.

 
 
 

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